lundi 7 mars 2011

Propos à propos de ... ' DUJARDIN ' (5) Problématique, III

Dujardin : effet de l' incompréhension, la non prise en compte ...
... de la part de la vulgate historiographique, à l'époque et, sauf erreur de ma part et sous réserve de meilleur inventaire, toujours actuellement, témoigne d'une réaction à l'égard d' un contenu (: discours erratique, en partie aberrant), non d'une forme et d'une méthode. Cécité par quoi on ne se pose pas la question du pourquoi et du comment. L'ensemble du texte est   - solution de facilité pour l'évacuer - arbitrairement divisé en deux aspects de natures opposées ; d'une part, ce qui est  admis comme "raisonnable", objectivement attesté et documenté (: le "terrain" arpenté, ses objets - sites, édifices, etc.- observés et répertoriés), d'autre part le "déraisonnable", une subjectivité égarée (: divagations onomastiques, toponymiques et étymologiques dignes d'un Brisset, traitement des noms évoquant la célèbre lettre de Charles Fourier à sa soeur ; en dépit des précédents toutes catégories sans compter la modernité de l'écriture). 
Le recevable et l'irrecevable en rapport d'exclusion mutuelle, c'est la négation de la globalité du discours, le refus d'en envisager une cohérence, de faire au moins l'hypothèse d'une méthode, de principes d'élaboration, de règles de fonctionnement interne (*) ; - et l'incapacité de le considérer au regard de sa situation culturelle, de ses conditions contextuelles, en synchronie (: éventail des pratiques d'écriture de l'époque, ressemblances, influences) et diachronie (: filiations littéraires ; le texte continue-t-il une tradition, est-il "daté", passéiste, reprenant des conceptions périmées, ou bien novateur, anticipateur ...?). 
Et encore, l'auteur se manifeste-t-il comme lucide, conscient  de son projet, tenants et aboutissants, implications ; - ou au contraire, ne revendique pas la maîtrise de son discours, qui peut-être lui échappe, le dépasse, le déborde, puisque de toute façon les choses vont toujours au-delà de ce qu'on leur prête délibérément, intentionnellement ou non. 
Ou bien obsolescence et renouvellement se mêlent-ils, interfèrent, se chevauchent, produisant un texte composite, hétérogène, improbable, inopérant, insituable et insaisissable - texte ni rationnel, "savant", ni radicalement d'imagination, "fiction", un roman, une fable utopique, etc. - ; confusion définitivement en décalage, contrevenant aux catégories établies, instituées, d'ailleurs éventuellement autoproclamées.

Eléments de réflexion, toujours M. Foucault, "L'archéologie ..." :
- problème de la délimitation d'un champ de connaissance, d'un objet de savoir ("figures d'ensemble", p. 61-63) ;
- rapport externe : inclusion (: reconnaissance, validation) vs exclusion (: rejet, invalidation)
- rapport interne : homogénéité (: cohérence) vs hétérogénéité (: cohérence non assurée ou incertaine, qui n'apparaît pas de pleine évidence au lecteur, au critique, à l'observateur institutionnel) ;
Exemplaire, selon moi, le cas de Dujardin, par sa communication censurée - : "frappée d'excommunication"- et, comportement pire selon lui, de la part de qui "... négligea de signaler la lecture du mémoire ou la cause de son exclusion." (: "Le passé religieux de l' Isle de France ...", p. 74 ; lisez p. 72 à 74 et continuez avec la même désinvolture à le taxer de faiblesse mentale !).


(* Foucault, p.65, le discours : "(...) le maintenir dans sa consistance, (...) le faire surgir dans la complexité qui lui est propre."
"Substituer au trésor énigmatique des "choses" d'avant le discours, la formation régulière des objets qui ne se dessinent qu'en lui. Définir ces objets sans référence au fond des choses, mais en les rapportant à l'ensemble des règles qui permettent de les former comme objets d'un discours et constituent ainsi leurs conditions d'apparition historiques.")

  

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