" où vas-tu Basile ..."
Pour fêter ma récente découverte de ...
LIENS DE MAGIE
OURDIS PAR L' ARCHANGE, PAR LE DIABLE
POUR RESSUSCITER EN SORTANT DES ENFERS
CHRONIQUES
de l' Orléanais et de l' Estampois, tirées de la Loire,
de la Juine
... en cadeau ces quelques images du texte, soigneusement sélectionnées,
du sceau de Notre-Dame au porche de Saint-Basile
Notes et commentaires (suite), en cours, comme en suivant l'École :
- onomastique, étymologies, interprétations des noms, dislocation hétérogénéité des noms, des êtres et objets (voir Baltrusaitis, Le moyen âge fantastique ("sarrazin", p. 8-9 ; "L'Antiquité gréco-romaine est à deux faces (...) un monde des êtres fantastiques aux origines complexes, venus souvent de très loin, mêlant des corps et des natures hétérogènes.")
Mise en abîme des noms, censée retrouver et renouer avec un projet passé d'hégémonie théologico-politique.
Paradoxe : déconstruire l'état présent des noms pour reconstruire un état passé originel. Une linguistique pré-scientifique, "pré-saussurienne" - quoique, par ses "dérives" anagrammatiques, Saussure aurait pu cautionner Dujardin ... (pour parallèle, cf Saussure, Starobinski, "Les mots sous les mots" ; et les étymologies pré-linguistiques, Isidore de Séville, etc. - voir dans U. Eco, "La recherche de la langue parfaite".
- réécriture de l'histoire ; "régime d'historicité" ; "fiction d'histori-cité"; "Histoire-fiction"; fabulation historique(/historienne) ; histoi-re contrefactuelle, "what if history", "alternate history" (histoire alternative) ou "alternate world" (monde alternatif); uchronie, dystopie (/contre-utopie) - Histoire des mentalités, anthropologie historique.
Dujardin : projection du passé reconfiguré (/conjecturé) sur le présent et lecture du présent à partir du passé (hypothétique) ; "Estampes", le Pagus stampensis, paysage-palimpseste (opp. Thucidide, cf Détienne, "Comparer l'incomparable", p. 80) ;
Artaud, Les Tarahumaras.
Débat histoire/ethnologie, dépasser la dichotomie Raison historique vs folie historienne, Dujardin savant vs Dujardin délirant.
Perspective comparatiste - : Marcel Détienne, "Comparer l'incom-parable"-, non pas pour sombrer dans la confusion, "tout est dans tout et réciproquement".
- ses étymologies onomastiques et toponymiques, une forme de cratylisme ? - Les noms modernes renvoyant aux lieux, personnes ou réalités qui se perdent dans le passé, dans la mémoire collective, dont ils sont les traces (cf Pierce, "indices", "icônes") subsistantes, les formes déformées et/ou cryptées des noms du passé, qu'on peut (lui, Dujardin) reconstituer, déchiffrer, interpréter (: rendre opéra-toires et "traduire"). Alors les noms, même déformés, éloignés de leurs origines dans les formes et les significations, restent porteurs des réalités dont le temps, les changements, l'oubli, les a privés.
Perspective analogue à celle de l'origine onomatopéique du langage, jusqu'à ses délires, style Brisset ; et on parlerait de "toponomatopées" ...
Meschonnic (? - à retrouver, p. 141) :
"L'une des justifications de l'invention d'une langue a très souvent été la recherche de la naturalité ; exprimer la vraie nature des choses, l'ordre de l'Univers, telle est notamment la visée des langues philosophiques. Et c'est le paradoxe de ces entreprises ultra-culturelles que de vouloir restaurer, fantasmatiquement il est vrai, le naturel, le naturel rêvé. Quant aux spéculations sur l'origine, elles attribuent presque toujours à la langue primitive une adéquation naturelle entre les moyens expressifs, les mots primitifs, le monde matériel (la pensée abstraite étant dérivée du concret) et la nature physique et psychologique de l'homme (rapport entre le psychisme et l'appareil articulatoire) ; d'où le recours à l' onomatopée, au symbolisme du son et à l'expressivité "naturelle" des phonèmes comme principes explicatifs."
"(...)"la clé de voûte de la linguistique moderne est le principe saussurien de l' arbitraire du signe, qui exclut toute explication de la forme de la langue par la nature des choses." (p. 141)
"(...)"au fondement de tout se trouve la symbolique de la langue comme pouvoir de signification" (Benveniste, 1974). Symbolique implique culture et non nature : il n'y a pas de langue naturelle."
"Le langage se trouve (donc) engagé dans une double relation : d'une part avec la pensée et par delà avec l' Univers, d'autre part avec la société. La glossolalie tente de transcender, de dépasser ces deux rapports. Elle n'y échappe pas complètement ; elle les pose autrement, en produisant un effet de sens global, non décomposable, et en assurant un lien de nature phatique pour la communauté des pratiquants.
Les langues artificielles, quant à elles, cherchent à gouverner, à orienter ce rapport, à en inverser la direction : délimiter les con- tours de la pensée, y faire adhérer le langage, telle est la justi- fication des langues philosophiques ; (...)" (p. 142)
Le linguiste opp. le logicien (p. 143) :
"Celui-ci s'intéresse aujourd'hui à la structure des langues en tant que systèmes autonomes. Peu lui importe leur adéquation à tel ou tel systèmes de représentation du monde. S'il s'intéresse aux fonctions du langage, c'est pour se demander quels moyens les langues mettent en oeuvre pour assumer celles-ci. En bref, le linguiste s'occupe du langage tel qu'il est, alors que les philosophes (...) auraient tendance à s'occuper du langage tel qu'il devrait être."
p. 142, "l'hypothèse dite de Sapir-Whorf" :
"or il semble que toute expérience humaine soit transmissible - de façon plus ou moins adéquate selon la distance culturelle - dans n'importe quelle langue - Comme le montre Jakobson ("Aspects linguistiques de la traduction", 1963)



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