lundi 6 juin 2011

PROPOS ... À PRPOS DE DJARDIN, 12 ; Problématique

Dujardin, hypothèses, suite :


Terroir-histoire, territoire ...
Dujardin projette sa conception du passage d'anciens cultes à de nouveaux sur le "pays", lieux-histoire aux dénominations adaptées/interprétées pour les besoins de la cause, sa démonstration, traduction ("estampes mythologiques ... traduites") et pantomime ("... pantomimées") linguistique-géographique ; l'opinion de la doxa est que sa géographie est meilleure que sa linguistique, onomastique et toponymie, l'une recevable, l'autre relevant d'une philologie aber-rante. Dualisme du contre-sens sur le discours, généré par l'auteur, entretenu par les interlocuteurs qu'il s'est donné, en ce sens il n'a que ce qu'il mérite, l'a bien cherché. Mais pourquoi ?

"Estampes", p. 207 : "Ici, la Juine passe en la paroisse de SAINT-CYR où est suivie la religion de JOVIS, un dieu des Romains, sur sa droite sont les bois de ROMARE où se tenait le dragon combattu par saint Romain, dragon ou gargouille représentée sur le bord de la rivière par la ROCHE BÉE ; roche à gueule ouverte, et l'on est au hameau de VOISIN où l'on voit, s'y trouvant là le MOULIN DE SAINT CYR."
H. Meschonnic * : "(...) non par l'invention d'une historicité, mais un effet de nature (...). C'est ce qu'on peut appeler la preuve par l'oeuf : "qui vole un oeuf vole un boeuf". Une irrationnalisation du langage qui donne l'impression que la langue elle-même est continue à la nature, alors que c'est un effet de discours."
"(...) une très ancienne cosmogonie : la correspondance du microcosme des mots au macrocosme du monde." ; "(...) une permanence du sacré."
* "Dans le bois de la langue", p. 234-235

Remotiver les noms, les forcer à restituer le passé, à rentrer dans leur histoire, les rendre aux  lieux et aux faits dont on peut retrouver les traces, les indices, les signes, ceux du 'terroir-histoire", du territoire.
Par une onomastique et une toponymie "cratylienne" et pré-saussurienne, Dujardin opère un retour sur l'ordre des choses, en (re)motivant historiquement les noms de lieux et de personnes par des traitements particuliers qui deviennent vite vertigineux, cherchant ainsi à compenser leur perte de forme et de contenu - due au temps, à l'oubli et à la méconnaissance -, eu égard à un réel et d'une histoire à reconstituer, en l'occurrence celle du "Pagus stampensis" ; à quoi il fait d'ail-leurs envisager une plus large extension, laissée à d'éventuels successeurs.

C. Herrenschmidt * : "Donnant à voir la cosmogonie, retirant de la division graphique les réalités sociales et religieuses qui, à leur yeux, se situaient hors du temps, montrant le roi entre les hommes et les dieux, l'écriture figura le rite qui permet aux hommes de s'assurer de leurs choix et du sens de leurs actes. Le texte était devenu le monde *." 
"Les Trois Écritures, Langue, nombre, code"
- * et le monde, le texte, pris ensemble dans le discours général.

"Estampes", p. 16 : "C'est ainsi que je suis arrivé à tirer la signification de bien des mots, vides de sens a priori et qui, par une juxtaposition, ont fourni l'historique de notre pays, lequel est tracé sur le sol, comme est un tableau de jeu de patience."
(comme c'est bien dit, curieux comme parfois les "esprits dérangés" s'expriment mieux que ceux qui n'aiment pas être dérangés ...)  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire