En suivant le Chat-langue qui passe ...
Dujardin, "Rudimens ..., p. 34 :
"A la sainte Luce,
le saut d'une puce ;
A la saint Thomas,
Le saut d'un chat"
"Estampes", p. 122 :
"CHATONVILLE ; "A bon chat, bon rat"
"Estampes ...", p. 164 :
"Ici sont les CHATELLIERS où une chatte est liée, un chatel-lier" (note 6 : "voir Bruyères-le-Chatel")
"Estampes ...", p. 176 :
"... le PONT A CHAT, à faire le saut du chat, la signification de pont à chat est donnée par la légende qui court sur le pont de Beaugency au sujet duquel "une fée ayant dit que la première personne qui le passerait serait sacrifiée. On y fit passer un chat."
"Estampes", p. 227 :
"l'étang de CHATLOUP"
"Estampes", p. 228 :
"CHATLOUP-LA-REINE"
"Estampes", p. 358 :
" (...) le bois de CHAT-QUEUE "
"Estampes", p. 406-407 :
"CHAT MAR ANDES a un effet trinitaire égal au privilège de Chat l' o saint Mar (...)"
"Estampes ...", p. 415 :
"SAINT-GERMAIN-LES-ESTAMPES, représente la règle du catholique, du chat-olle-lique, par saint Germain, évêque non martyr."
"Estampes... ", p. 429 :
"Le chat sous ris"
"Estampes", p. 510 :
"(La dévotion à ces deux saint Martin s'est fondue dans un quarrouage, carrauge, carrouge qui est le Cas-rouge", casa, petite maison,) et le Kat-rouge est un chat botté"
Foucault, Raymond Roussel, "Le seuil et la clef" (p. 9) :
"La phrase première : "Je me suis toujours proposé d'expliquer de quelle façon j'avais écrit certains de mes livres" indique avec assez de clarté que ces rapports ne furent ni accidentels ni établis au dernier instant, mais qu'ils ont fait partie de l'oeuvre même (...)" ; "(...) cette révélation ... : en donnant une clef qui désamorce le jeu, elle dessine une énigme seconde. Elle nous prescrit, pour lire l'oeuvre, une conscience inquiète : conscience en laquelle on ne peut se reposer, puisque le secret n'est pas à trouver comme dans ces devinettes ou charades que Roussel aimait tant ; il est démonté et avec soin, pour un lecteur qui aurait donné, avant la fin du jeu, sa langue au chat. Mais c'est Roussel qui donne au chat la langue de ses lecteurs ; il les contraint à connaître un secret qu'ils ne reconnaissaient pas, et à se sentir pris dans une sorte de secret flottant, anonyme, donné et retiré, et jamais tout à fait démontrable : si Roussel de son plein gré a dit qu'il y avait du secret, on peut supposer qu'il l'a radicalement supprimé en le disant et en disant quel il est, ou, tout aussi bien, qu'il l'a décalé, poursuivi et multiplié en laissant secret le principe du secret et de sa suppression. L'impossibilité, ici, de décider lie tout discours sur Roussel non seulement au risque commun de se tromper mais à celui, plus raffiné,de l'être. Et d'être trompé moins par un secret que par la conscience qu'il y a secret."
Pierre Macherey, selon Foucault : "Plutôt qu'un fou littéraire, Roussel aurait été ce fou de littérature .."
Michel Foucault, Raymond Roussel :
"Le langage n'est-il pas, entre la folie et l'oeuvre, le lieu vide et plein, invisible et inévitable, de leur mutuelle exclusion ? ... L'espace du langage de Roussel, le vide d'où il parle, /c'est/ l'absence par laquelle l'oeuvre et la folie communiquent et s'excluent."
Pierre Macherey : "... la révélation d'un secret, qui est d'abord un secret de fabrication." - "Le secret du secret serait donc qu'il n'y a pas du tout de secret, ou plutôt que le secret, dont le caractère dérisoire frappe immédiatement sitôt qu'il est révélé, ne cache rien : (Foucault :) "Le langage caché dans la révélation révèle seulement qu'au-delà il n'y a plus de langage, et que ce qui parle silencieusement en elle c'est déjà le silence." (Macherey :) "Ainsi le procédé en se redoublant, du fait de son "invisible invisibilité" (Foucault), démontre qu'il n'y a pas de langage second qui serait la vérité en miroir du premier, mais que sa vérité, le langage la tient tout entière de lui-même, c'est-à-dire dans son infinie prolifération : (Foucault :) "Chaque mot est à la fois animé et ruiné, rempli et vidé par la possibilité qu'il y en ait un second - celui-ci ou celui-là, ou ni l'un ni l'autre, mais un troisième, ou rien."
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