Conan Doyle, "Archives sur Sherlock Holmes ; Le problème du pont de Thor", traduction de Evelyn Colomb, Livre de poche n•1546, p. 233 :
"... M. James Philimore qui, rentrant chez lui pour prendre son parapluie, ne reparut plus jamais." :
les allitérations /r-t-r/p-r-r/p-r-p/r-p-r/p/ du mot-clé "parapluie" encerclent (: comme la pluie autour du personnage, circonscrite par la forme de l'instrument) et prennent en enfilade (: rapidité de l'action saisie dans son mouvement) Philimore, dans l' enchaînement syntaxique. On note en même temps, comme dans une partition musicale, en contre-point, un jeu d'allitérations-assonances : /lui/(parap)luie/(repar)ut/(p)lus/ qui pointe le personnage lui-même dans son comportement intérieur ; il a ses raisons qui échappent à l'observateur du dehors - tableau de genre, scène de mime - d'une pensée en action. Il y aurait encore à dire sur l' effet de situation, étonnante contraction d'actes, quasi paradoxe de celui qui semble pratiquement disparaître dans le temps-mouvement même où il rentre/ressort de chez lui, escamotage induit par le parapluie qui s' ouvrirait et se refermerait pour l'avaler, tour de prestidigitation devant nos yeux de lecteurs. Mais en fait, on en arrive à ne plus saisir où et comment il disparaît, chez lui, hors de chez lui, ou dans l' hypothétique béance ronde de maëlstrom qu'ouvrirait ce parapluie. Il y a là une sorte de mise en abime, chute dans l'inconnu, disparition que fait la langue, dans le texte, ses tours et détours,
La langue donne ainsi un équivalent de la scène. - Mais qu'en est-il dans le texte original ? - voilà :
" Mr. James Phillimore, who, stepping back into his own house to get his umbrella, was never more seen in this world."
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